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      LE "SON" CUBAIN     
      
FELIX BALOY
     
LA SALSA , SES INSTRUMENTS

Quelle est l'origine des figures de la salsa cubaine

Comment et par qui ont-elle été inventées, et comment ont
                                             
'oise elle-été transmises et conservées
 
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Le tout récent livre de Barbara Balbuena, El Casino Y La Salsa en Cuba, nous fournit une réponse précise : les figures que nous connaissons aujourd'hui sont nées dans le casino cubain avec l'invention de la rueda de casino.

Qu'est-ce que la Rueda de Casino ?

La salsa en Rueda de Casino est une danse synchronisée de groupe avec un constant changement de partenaires. La Rueda moderne utilise le même type de tours et de pas de la salsa cubaine ordinaire qu'on danse librement en couple. Les figures sont des noms qui sont annoncés par le meneur de la Rueda. Les couples de danseurs exécutent la figure et la danseuse passe au danseur suivant de la roue. Pour danser la Rueda de Casino il faut au moins deux couples, mais elle peut aussi s'effectuer avec 20 ou 30 couples. L'homme doit très bien connaître les pas car c'est lui qui doit mener la danse. Pour que la Rueda soit réussi il ne doit pas obligatoirement y avoir beaucoup de figures ou de combinaisons complexes. Le leader doit faire preuve d'originalité, de créativité et de grâce pour mener la "roue", et moduler ses instructions autour d'expressions ou de petites histoires.

Cette  ajoute une touche de challenge à la danse car il s'agit ici de mener tout un groupe de danseurs sans pouvoir explicitement intervenir dans leurs faits et gestes. Les couples doivent répondrent à ses instructions en tentant de les suivre au mieux possible même si celles ci peuvent parfois s'avérer confuses. Si un couple n'arrive pas à suivre il doit alors quitter la Rueda.
Les appels des figures se succèdent rapidement produisant une dynamique excitante, exotique et vivante parmi les danseurs et un effet visuel spectaculaire. C'est la Rueda de Casino, née dans les années 50, qui est à l'origine du style de la salsa cubaine. Bien sûr à l'époque, le mot Salsa n'existait pas encore (puisqu'il date des années 60-70). La première apparition de la Rueda ou de la danse du Casino cubain était liée à la Cha Cha Cha. Les figures ont été ensuite réalisées avec les autres musiques cubaines et notamment le son, ancêtre de la salsa.

La Rueda ressemble à une danse typique de chaque banlieue, où chaque banlieue a son "leader" préféré, ses tournures et ses instructions privées, ainsi que d'autres aspects qui la différencient des Ruedas d'autres banlieues ou villes. Durant les jours fériés ou pour le Carnaval de Cuba il est devenu traditionnel de défier une autre Rueda et c'est celle qui fera le moins d'erreur et qui sera la plus fluide qui sera donnée vainqueur.


Le casino des années 50

A la fin des années 50 les ruedas (" roues ") apparaissent comme une nouvelle variante dans le cha cha chá, et la population cubaine les nomma " cha cha chá en rueda ". Elles étaient dirigées par un homme connu pour son adresse dans la danse, au moyen d'un signal, préalablement connu des danseurs, à la suite duquel ils effectuaient des changements de partenaire, des combinaisons de passes et d'autres figures inventées à cette fin. Parmi les figures traditionnelles du cha cha chá on note : " vuelta al hombro " (" tour à l'épaule "), tour de la fille autour de l'homme et le paseo (" promenade ").C'était une époque ou le danzon, faiblissant, cédait la place au cha cha cha. Ce nouveau rythme galvanise la musique cubaine menacée par la montée du rock 'n' roll.

L'invention des figures de danse va avoir lieur dans des casinos de la Havane comme le Club Casino Deportivo*, aujourd'hui Cercle Social Ouvrier Cristino Naranjo.(1) Dans les années 50 de nombreux grands danseurs se rencontraient pour des compétitions amicales. Ils doivent pratiquer toute la semaine et inventer des nouvelles figures, puis aller au club pour les montrer. Progressivement ils ont commencé à danser les figures ensemble. Pour distinquer les figures, ils ont commencé à leur donner des noms et c'est ainsi que la Rueda de Casino est née.

La rueda de cha cha chá a aussi constitué un apport chorégraphique enrichissant et révolutionnaire dans la danse de salon cubain. Autour de l'année 1956 ce phénomène du cercle de couples commence à être reproduit, mais alors pour l'accompagnement d'autres styles à la mode de la musique populaire, avec un pas et un style très proche du " son " urbain ; on l'appela rueda de casino.
Cette création plut à la jeunesse de l'époque et fut imitée par les danseurs dans d'autres clubs nautiques du quartier Playa, et plus tard dans d'autres sociétés de la capitale cubaine. Dans ce processus dynamique on a commencé à diffuser la phrase "allons faire la rueda comme dans le Casino" ; ou "allons faire la rueda du Casino" ; il en restera par réduction l'appellation de "casino" par quoi on a identifié plus tard le nouveau style de danse.
Le rock and roll, à la mode dans les années cinquante, a aussi laissé des traces dans le casino. Cette forme de danse, avec son style spectaculaire caractéristique, avait une grande quantité d'éléments acrobatiques et passes de couples. D'autres aspects comparables des deux danses de salon en question sont : la figure " pá ti, pá mi " (ouvrir et fermer du couple) ; les tours enchaînés avec des bras reliés sans être détachés et la similitude dans les temps avec lesquels on marque le pas. (1)
Dans les premiers temps, le casino a d'abord été dansé dans une rueda au préalable organisée et essayée dans des cercles amis, familiaux ou avec les personnes présentes ; ensuite, on a commencé à le réaliser comme danse de couples indépendants et finalement, en deux files, où le couple de tête invente la figure ou le pas.
La nécessité de mettre en œuvre des chorégraphies et de divertir les spectateurs a provoqué l'apparition de nouvelles conceptions spatiales. Il a été ainsi rendu indispensable de nommer chacune des figures, combinaisons de passes, gestes et directions, pour pouvoir les exécuter à l'unison et, surtout, de comprendre l'appel du guide. Entre les passes et les figures plus importantes qui ont été conservés au cours de leur évolution par quatre générations de danseurs, on a : setenta (" soixante-dix "), la prima, enchufe, paseo, la rosa (" la rose), yogurt, trencito (" petit train "), arriba (" en haut "), abajo (" en bas "), el flaco (" le maigre "), el gordo (" le gros "), etc.

Le casino apparaît ainsi dans une atmosphère d'intégration de styles, variantes ou des modalités jouissant d'une grande réputation populaire à la fin des années '50. Parmi les plus importants, le " son " et le cha cha chá. On n'attribue pas un type musical spécifique à la danse casino, contrairement aux danses de salon qui l'ont précédé. Au long de toutes ces années où il est resté le favori dans le goût et la popularité des danseurs, on l'a interprété avec tous les styles et variantes musicales à la mode (à Cuba) qui, par leur schéma rythmique ou tempo musical permettaient d'effectuer le pas de base. L'appellation de style casino a été choisie par le peuple lui-même pour désigner le nouveau phénomène dansant depuis les premiers indices de sa création, dans un processus de développement organique, intégrateur et anonyme. (1)
Les facteurs qui ont influencé l'apogée du casino, à Cuba et à l'extérieur de l'île, sont nombreux mais, parmi les plus importants, figure la dimension qu'a prise la musique salsa dans le cadre international. Identifié comme "danse de salsa cubaine", le casino est le moyen approprié pour vivre cette manière d'interpréter la musique, fait en rien paradoxal si nous tenons compte que dans les deux manifestations que sont la salsa et casino, le son cubain est l' élément commun d'origine.

LA SALSA

Un nouveau succès à Cuba

Déjà très populaire depuis les années 50, la Rueda de Casino est devenue un phénomène national à Cuba avec Rosendo González et Caridad Rodríguez (Caruca), chorégraphes et danceurs du "Ballet de la Television Cubana", présentée dans le programme télévisée "Para bailar" en 1980.

* Il sagissait d'un "club de Blancs", à une époque de ségrégation où on distinguait à Cuba les clubs de Blancs, de Noirs et de Métis.


Le succès de la Rueda de Casino à l'étranger

Beaucoup de cubains ont immigré aux Etats-Unis et se sont installés pour la plupart à Miami. Ils ont apporté avec eux des éléments de leur culture et essentiellement la musique et la danse. La Rueda de Casino a commencé ainsi à faire lentement son chemin dans la communauté salsero de Miami, pour connaître ensuite un immense succès populaire vers la fin des années 80 et le début des années 90. Le succès était tel qu'il était difficile de trouver un nigthclub dans lequel on ne dansait pas le Casino ou la Rueda. (3)
De Miami, elle s'est propagée d'abord vers la plupart des métropoles américaines ayant une forte population hispanique et aussi vers d'autres cités. Le mouvement " Dance With Me " a participé à populariser cette danse aux Etats-Unis. (3)
La Salsa Casino a évolué à Miami pour donner naissance à un style distinct : le style Miami.


      Cubaine d'origine mais née dans la communauté portoricaine de New-York,  la salsa est aujourd'hui accommodée de mille façons. Energique et sensuelle elle symbolise l'extraordinaire vitalité des cultures afro-latines sur le plan international.

      Depuis une dizaine d'années environ la salsa s'est imposée dans le monde entier, bien que curieusement en Europe du moins, cet engouement se produise  une vingtaine d'années après sa grande époque qui remonte aux années 70. Comme le tango, la rumba, la samba, le mambo et le cha-cha-cha, la salsa est devenue l'une des danses latino-américaines les plus populaires actuellement, et les cours se multiplient. Autant le tango est mélodramatique, anguleux, frémissant et tendu ,avec une sensibilité à fleur de peau ,autant la salsa est fluide, jouissive et tout en rondeurs.
     Salsa signifie sauce en espagnol, mais aussi, piquant, cachet ou saveur. Dans la musique cubaine et portoricaine, le terme était depuis longtemps employé pour stimuler les musiciens et pour exprimer son admiration et il figurait, bien avant l'avènement de la salsa proprement dite, dans des paroles de chansons, des noms d'orchestres ou des titres de disques.
et « Barrios » new-yorkais

Depuis les années 1920,d'innombrables instrumentistes et chanteurs portoricains, cubains et dominicains s'étaient fixés dans cette grouillante cité. Vers le milieu des années 1960, après la rupture des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et Puerto Rico , les portoricains acquièrent une influence grandissante dans la musique latine de New-York, créant de petites formations qui interprétaient essentiellement des rythmes cubains. Leur musique d'essence très populaire, qui émergeait des Barrios d'East Harlem, du South Bronx, communiquait la brulante énergie de leur rue. A Puerto Rico la salsa dont les précurseurs avaient été Rafael Cortijo, Ismael  Rivera , La Sonora Poncena et El Gran Combo tous afro-portoricains, était aussi le fait des couches sociales défavorisées , du substrat noir le plus souvent , la bourgeoisie locale, généralement blanche tendant à préférer la variété américaine ou les ballades romantiques.
       Les premiers véritables orchestres de salsa, ceux, à New York, des Lebron Brothers ,de Willie Colon, de Ray Barretto ou d'Eddie Palméri, reflétaient bien souvent les dures réalités sociales du Barrios et se caractérisaient généralement par l'usage du trombone, devenu l'instrument clé de cette musique .Cette énergique salsa contrastait avec les danses latines plus amènes des décennies précédentes. Felipe Luciano, portoricain de New York remarquait à propos de la salsa new-yorkaise
«musique est beaucoup plus rapide qu'il y a 40 ans. si vous comparez la clave (la pulsation rythmique) des années 1940 avec la clave des années 1980, elle est presque deux fois plus rapide maintenant. Elle s'est ajustée à la vitesse des voitures des avions, de la vie moderne».
        Même issue des impitoyables Barrios new-yorkais, la salsa conservait un caractère chaleureux, bon enfant parfois même, et l'arrivée de nombreux réfugiés cubains à New-York, au début des années 1960, avait aussi favorisé l'essor d'une salsa plus éthérée, jouée par des charangas (orchestre comportant notamment une flute traversière et des violons).

'ASSAUT DU MONDE

Au fil des ans, la salsa s'est progressivement étendue à la Colombie, au Venezuela, à , proches, sur le plan culturel, de Cuba et de Puerto Rico ,et elle a fréquemment incorporée d'autres rythmes latino-américainsmerengue dominicain, cumbia colombienne , tamborito panaméen , voir même des airs brésiliens, sans pour autant perdre sa saveur cubaine. Les Cubains de l'ile, qui jusqu'à récemment, récusaient le terme de salsa, affirmant qu'il ne s'agissait en fait qu'une mauvaise copie de leur musique, ont finalement, devant le succès mondial de cette forme d'expression, récupéré cette étiquette pour l'appliquer à leur propres productions.
         A l'origine le mot salsa ne désignait donc pas un rythme spécifique mais un ensemble de rythmes. Il en est cependant venu s'agissant de la danse elle-même, à désigner une catégorie de musiques entrainantes, découlant spécifiquement du et de la épines dorsales de la variété cubaine.danser la salsa signifie d'en comprendre le fondement rythmique, souvent déroutant pour le néophyte. La née à la Havane et le, apparu dans les campagnes d'Orienté, à l'est de Cuba, à la fin du 19 me siècle, sont tous deux basés sur une cellule rythmique  de deux mesures appelée ; Cette dont il existe plusieurs variantes, est un concept d'origine africaine. Dans les ensembles africains traditionnels, très polyrythmiques, une pulsation fixe est généralement maintenue par un petit instrument de percussion. (parfois remplacé par des battements de mains) afin d'assurer la cohésion de l'ensemble.

DU RYTHME

Le danseur doit impérativement tenir compte de cette clave. Eddie Torres, d'origine portoricaine, qui enseigne la salsa à New-York , explique
           « peu importe votre style de danse , que l'on commence sur le premier temps , ce qu'on appelle danser sur le un ( comme les Cubains et les Colombiens) ou sur le deuxième danser sur le deux ( comme les latinos de New-York, les portoricains et les danseurs de salon) du moment qu'on est cohérent et que l'on comprend sur quel temps on se trouve».

         En fait dans les civilisations d'origine africaine, le danseur est lui-même considéré comme un instrumentiste qui créé ses propres rythmes, alors que dans la plupart des pays occidentaux et asiatiques, il suit fidèlement le rythme, en est tributaire. Tout en respectant la clave et en particulier le tumbao (rythme de base de la conga et de la contrebasse), le bon danseur de salsa invente donc ses propres rythmes et lorsqu'ils deviennent trop prévisibles, les casse en suspendant certains pas pendant un ou plusieurs temps. La difficulté consiste, après ces suspens, à savoir reprendre la danse sans se décaler par rapport à la clave, ce qui implique pendant les suspens, de continuer mentalement à suivre le déroulement de la musique. Certains danseurs aussi pour créer une tension rythmique se mettent volontairement à contre-clave. De nombreux éléves non latinos s'attendent à apprendre une chorégraphie établie qu'ils répèteront ensuite fidèlement. Or tous les véritables danseurs de salsa savent et aiment improviser, ce qui présuppose un sens développé du rythme.


                                                  




[link:3]SALSA VAL D'OISE 95[/link:3]





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